Bada est un village d’environ 850 résidents
répartis en une quarantaine de familles, à 25 km au
sud-ouest de Kayes, localisé dans la commune rurale de Marena.
Les phénomènes d’érosion et d’abandon
de la pratique de la jachère ont conduit à une perte de
fertilité des sols qui ne produisent plus assez pour
satisfaire les besoins familiaux et procurer des revenus décents.
Depuis plusieurs années des hommes adultes quittent le village
pour trouver des ressources ailleurs. En 2008 une quarantaine d’entre
eux habitent la région parisienne, principalement un foyer
situé à Montreuil (93). Ils envoient plusieurs milliers
d’euros par mois pris sur leurs revenus de travailleurs souvent
peu qualifiés pour aider leur famille restée au
village.
Pour pallier cette situation qui détruit les familles et le
tissu social ces migrants se constituent en associations et tentent
de trouver des solutions locales pour améliorer la vie au
village. C’est ainsi qu’est née l’ « association
des résidents de Bada », (voir le lien Internet)
soutenue par les « amis de Bada ». Les actions
menées par les migrants se partagent entre des envois d’argent
pour leurs familles, destinés à l’alimentation,
la santé, l’habillement, l’habitat, et des envois
solidaires pour des équipements communautaires comme l’école,
la mosquée, des magasins.
Maintenant nos deux associations ont décidé de préparer
des investissements agricoles et en ressources naturelles destinés
à restaurer la fertilité des sols, notamment grâce
à des reboisements et à la re- végétalisation
des sols. Ces investissements sont nécessaires pour que la
terre produise plus en limitant l’érosion. Ils sont
basés sur des techniques traditionnelles améliorées
comme les cordons pierreux et les digues filtrantes, sur des variétés
locales puisées dans des pépinières de la
région, comme des acacias. Tous les travaux sont exécutés
par des villageois et sous leur responsabilité. Notre
association vient en appui technique et aide à récolter
les fonds nécessaires car les paysans n’ont pas de quoi
investir et ont du mal à trouver des financeurs.
